|-- HIVER - Rock Mag n°53/54 (mai/juin 2005) -
Transcription : Sugaaaar


Lost In Hollywood (première partie)

Après la découverte d’une dizaine de titres tirés de Mezmerize/Hypnotize le mois dernier, Rock Mag continue de faire monter la pression autour du double album de SOAD avec la première partie de notre entretien à Los Angeles avec Serj Tankian.
En 2001, System Of A Down sortait Toxicity, un album synonyme d’engagement, de richesse musicale et... de succès commercial à travers le monde. Basé à Los Angeles, le groupe arméno-américain n’avait alors pas hésité pour la pochette à remplacer les lettres HOLLYWOOD sur la fameuse colline surplombant la ville par le titre de leur CD. En cet après-midi de février, c’est sur le toit d’un building que nous nous entretenions avec Serj Tankian. Devant nous trônait le fameux Mont Hollywood. Parfait décor pour aborder le double album Mezmerize/Hypmotize dont le premier épisode sera révélé le 16 mai.


Rock Mag : Depuis notre dernière rencontre en décembre, vous êtres partis jouer en Australie au Big Day Out. Comment s’est déroulé ce retour à la scène après deux ans?

Serj Tankian : C’était excellent ! Ça commençait à nous manquer. Ça nous a pris quelques concerts pour nous mettre dans le bain, mais au final ça nous a fait réaliser que nous sommes encore plus proches les uns des autres que nous ne l’avons jamais été. Là-bas, c’était l’été en plus, nous n’allions donc pas nous en plaindre ! Nous y avons passé trois semaines, mais nous n’avons joué que quelques shows, nous avions pas mal de jours off.

Y avez-vous joué de nouveaux morceaux en avant première ?
Nous avons joué Cigaro, Kill Rock’N’Roll et Hypnotize quelques fois aussi. Le public semble avoir apprécié.

Une semaine avant le début de cette tournée, le morceau Cigaro filtrait sur le net. Etait-ce un choix de votre part ?
C’était intentionnel, comme une façon d’offrir à nos fans un avant gout de ce double album. Ça nous a pris un bon moment pour le mettre sur pied et les fans se demandent encore à quoi ils doivent s’attendre. C’était fun de faire ça pour le public, même si une chanson ne peut pas définir la globalité de ce double album.

Vous n’avez donc pas la phobie des MP3 comme d’autres artistes ?
Nous avons mis le morceau nous-même sur la toile. Nous voulons donc que les gens le téléchargent et le copient !

Vous avez en effet passé beaucoup de temps à travailler sur ce double album. En avez-vous enfin vu le bout ?
Le mixage de toutes les chansons qui se retrouveront sur les deux disques sera terminé aujourd’hui même (24 février, Ndlr). Daron travaille en ce moment sur les combinaisons de chansons pour établir le tracklisting de chacun des disques. Nous devons ensuite nous concerter et le finaliser.

Puisque nous dominons Hollywood, peux-tu m’en dire un peu plus sur la chanson Lost in Hollywood ?
Elle a été entièrement composée par Daron. Et pour tout te dire, nous n’aimons pas vraiment nous exprimer sur le substance de nos textes en fait… Quel est le message que tu en as tiré ?

Cela évoque tous ces musiciens ou acteurs en herbe qui viennent à Hollywood tenter le tout pour le tout. Certains échouent alors que d’autres lancent leur carière…
…Même si parfois ceux qui ont du succès ont en fait échoué ! Ils ont peut être réussi commercialement parlant, mais réussir dans la vie ça veut surtout dire devenir une personne meilleure.

Considère-tu avoir réussi aujourd’hui ?
Vu ma définition du succès, c’est à dire suivre mon cœur et mes rêves, alors oui.

Le succès commercial n’a pas de sens à tes yeux ?
Pas vraiment non, ce qui nous importe est de continuer à faire ce que nous aimons faire : écrire de bonnes chansons. Tout le reste, c’est le boulot des gens du marketing. Si notre musique nous permet de payer nos factures c’est génial. Mais si ce n’est pas le cas, ce n’est pas un problème, car nous sortons tous de même les disques que nous aimons.

Daron a écrit la majorité de la musique sur ce double album, il chante, il composer des textes et a même enregistré plusieurs parties de basse. Que réponds-tu à ceux qui affirment qu’il s’aggit de SON album ?
Tout le monde me pose cette question à chaque interview. Daron a toujours écrit la majorité de la musique dans ce groupe. La seule différence cette fois-ci est qu’il chante beaucoup plus que d’habitude et qu’il a également plus contribué à l’écriture des textes. Dans le même temps, de mon côté j’ai écrit plus de musique que d’habitude. Peu de gens savent que Daron est un bon chanteur et parolier. Lorsque nous nous sommes lancés dans ce projet, il était important à mes yeux de changer la perception que les gens ont du groupe. Ça ne m’aurait posé absolument aucun problème de ne chanter sur aucun des titres et de jouer d’un instrument que je ne connais pas. Ça aurait été pour moi un défi, d’être un artiste d’une autre manière. Changer ce postulat réinvente totalement la définition de System Of A Down. La personne qui écrit une chanson est celle qui en a la meilleure perception. Si cette personne peut la composer, la jouer et la chanter c’est encore mieux. Le processus d’écriture a vraiment bien fonctionné. Nous avons plus d’harmonies vocales que d’habitude sur ces chansons. J’ai écrit beaucoup de textes pour toutes ces chansons, nous nous sommes partagé la tâche avec Daron. J’ai composé pas mal de parties instrumentales et je suis vraiment content de l’avoir fait car la plupart des gens ne savent pas que je compose sur plusieurs instruments. Ils me voient sur scène derrière le micro et me désignent comme le chanteur, Daron le compositeur et ainsi de suite mais ce n’et pas comme ça que nous fonctionnons. Je joue du clavier, de la guitare et du piano depuis longtemps, je fais même des arrangements sur des cordes. La chose la plus importants à mes yeux n’est pas le disque, même pas le groupe, la chose qui m’importe le plus est la reconnaissance des multiples talents que Daron, Shavo, John et moi possédons chacun en tant qu’individus.


-- Haut de page --

SUIVANTE >>

1/2